Faits d’Hiver 26 : L’ouverture du festival avec Gaslight d’Hélène Rocheteau

La pièce Gaslight a ouvert la 28ème édition du Festival Faits d’Hiver à l’Étoile du Nord.

Signé et interprété par Hélène Rocheteau, artiste éclectique, danseuse, comédienne, sensible au travail de la voix et à la pratique du chant, ce solo s’inspire du célèbre film éponyme de Georges Cukor réalisé en 1944.

Le titre de cette œuvre, où une femme est manipulée et soumise par son mari qui veut l’amener à se croire folle, est à l’origine de l’expression Gaslighting, utilisée pour désigner également une action de manipulation via le langage.

Hélène Rocheteau, même si elle ne danse pas, s’impose sur scène avec son corps grâce à sa voix, devant une table simulant une ?? conférencière derrière laquelle défilent les personnages qu’elle incarne avec déguisements, rappelant notamment les figures de Maria Callas et de Marylin Monroe. Celles-ci sont évoquées dans le livre d’Hélène Frappat, Gaslighting, ou l’art de faire taire les femmes, ouvrage qui inspire l’interprète.

Comme évoqué par l’écrivaine, elle traduit le mot anglais par « évaporation », terme qui met l’accent sur la condition subie par des femmes destinées à être anéanties.

Ce sens d’évaporation trouve sa correspondance dans la légèreté des différents objets en verre, chinés pour la préparation du spectacle, éléments de décoration utilisés comme récipients pour son maquillage. Les références à certaines scènes du film ne manquent pas, notamment celle de la broche, où le mari fait douter sa femme de la perte de l’objet précieux de sa mère, après l’avoir caché lui-même.

Les qualités de comédienne d’Hélène Rocheteau et son travail introspectif à travers la voix lui permettent de transporter le public dans un univers intime marqué par un récit qui devient de plus en plus sombre, éclairé par des lumières aux différentes nuances de Gweltaz Chauviré.

A l’issue de la représentation, Delphine Goater, Mireille Davidovici et Antonella Poli ont animé un bord de plateau avec les artistes qui ont pu partager avec le public certains détails du processus de création : précédemment abordée plus avec un travail coporel, mais puis construite sur l’exercice de la voix, lui ouvre ainsi des perspectives.

 Cette pièce s’inscrit dans un projet plus vaste :  » La voix féminine – le genre du son « , mené durant toute l’année 2025 à l’Université du Mans où Hélène Rocheteau est artiste associée. 

Elle a réalisé également une installation sonore et plastique :  » l’Obole de Caquisse « , autour de la voix des disparues, présentée dans le cadre du festival  » le Mans sonore  » du 19 au 23 janvier 2026, salle Comète à EVE – théâtre universitaire du Mans. 

Paris, Étoile du Nord, 20 janvier 2026

Antonella Poli

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