Density 21.5-Dialogue with Rothko

Chorégraphie : Carolyn Carlsson

Distribution : Carolyn Carlsson

Dialogue avec Rothko-ph.Laurent Paillier

Carolyn Carlson est une artiste sans limites. Sa créativité s’exprime par la chorégraphie et particulièrement par ses soli qui traduisent en mouvements dansés sa pensée sans passer par les mots ; mots que l’on trouve dans ses poèmes ; poèmes renvoyant en boucle à cette spiritualité profonde et humaine qui l’anime.

Elle est aussi une « passeuse » puisqu’elle transmet ses pièces, dont son solo mythique rendant hommage à E. Varèse  Density 21.5. On doit à la danseuse albanaise Isida Micani qui en est l’interprète d’introduire magnifiquement cette soirée.

DENSIT~1

Density 21.5-ph.Drillon Adami

 

La sensibilité de Carolyn Carlson entre en résonance, en 2011, avec celle de Marc Rothko en tant que peintre américain du XXème siècle évoluant vers l’abstraction pure ; ses toiles livrent celui qui les contemple à la puissance des couleurs et à l’énigme de l’informel absolu, provoquant – à moins de résister – une montée d’afflux sensoriels, émotionnels et idéiques.

En 2013, Carolyn Carlson dialogue concrètement avec une œuvre du peintre Black, Red, Red over Black on Red  qui nourrit son dernier solo  Dialogue with Rothko.

Sans faille pendant 1h10, son corps mature et sensuel glisse dans l’espace où fusionnent la danse, la peinture intensément présente et l’écriture de missives, ces dernières composantes étant renvoyées par rétroprojecteur installé en avant-scène sur un écran situé en fond de scène, comme si elle s’adressait directement au public et à M. Rothko (décédé tragiquement en 1970).

Dans une fluidité constante, naissent les gestes et pas précis et sobres avec l’esthétique qui la caractérise – on chercherait en vain ce qui pourrait être enlevé ou ajouté ; les enchainements virevoltés ; les accalmies où elle prend soin de noter, de son écriture affirmée et graphique, des phrases poétiques chargées de sens dont elle est coutumière « Reach », « Open », « Reminiscences », « Goes with dreams and purposes »…* .

Sa silhouette longiligne continue d’onduler ; il ne s’agit pas d’une illustration de ce tableau qui prendrait forme, mais de donner à voir et à ressentir son émoi. Ses allers-retours et attitudes confrontent sans les opposer le « black » (le noir en haut du tableau), le « red » (le rouge en bas du tableau), « le rouge et le noir » contrastés et rappelés par touches dans ses tenues, le mot « over » qui s’inscrit en grosses lettres et figure aussi en bande floue entre les 2 aplats colorés agissant comme une barre de séparation ou un trait d’union ou… autres émergences signifiantes propres à la perception de chacun.

 Cette rencontre imaginaire, qui montre la force d’un désir, est partagée avec nous et les spectateurs… complètement fascinés.

* « Atteindre, Ouvert, Reminiscences, En partance vers ses rêves et ses desseins ». Références à « Signes » création 1997 avec les tableaux d’Olivier Debré pour décor ; à « Inanna » création 2005 à Roubaix et au Folio « Inanna » poèmes et encres de Carolyn Carlson.

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