Le Cinquième Hiver

Chorégraphie : Maria Muñoz et Pep Ramis

Distribution : Maria Muñoz et Pep Ramis-Compagnie Mal Pelo

Dans un espace scénique complétement blanc et immaculé, Maria Muñoz et Pep Ramis, chorégraphes et interprètes du Cinquième Hiver, sont habillés de noir.

Ce contraste nous emmène dans l’esprit de cette pièce à la fois poétique et violente. Un haut-parleur, posé sur l’angle droit de la scène, permet d’accompagner la danse par les textes profonds d’Erri De Luca.

Cette pièce pourrait représenter l’histoire d’un couple, comme d’autres, qui cherche à se réunir, à se retrouver. Leur danse est presque un combat, il n y a rien de sensuel, ni aucun geste de tendresse. Tout se déroule dans une atmosphère tendue, le dialogue gestuel est caractérisé par des mouvements secs mais amples et les interprètes se retrouvent seulement par moments pour tout de suite s’éloigner. Ils sont rarement complètement unis, chaque corps raconte et manifeste ses propres sentiments.

Le titre, Le Cinquième hiver, pourrait aussi être une métaphore du gel partagé et caché dans les cœurs. Chacun reste ferme sur sa position et, malgré l’amplitude de leurs déplacements sur toute la scène, on ressent un sens de fermeture, et cela jusqu’à la fin. La pièce est cohérente mais peut-être les chorégraphes, avec toute leur générosité, auraient-t’ ils pu concevoir cette pièce avec beaucoup plus de profondeur.

Théâtre des Abbesses, 24 Novembre 2015

Partager