7è édition du Festival L’Equipé-e : Abou Lagraa et Sarah Adjou dansent le désir

Abou Lagraa-ph.Laurent Philippe
Le Désir constitue la thématique principale de la 7è édition du festival L’Equipé-e, organisé aux Plateaux Sauvages, théâtre parisien qui s’associe cette année avec le Théâtre de Suresnes Jean Vilar.
Les deux directrices artistiques, Laëtitia Guidon (pour les Plateaux Sauvages) et Carolyne Occelli (pour le Théâtre de Suresnes Jean Vilar), sont enthousiastes à l’idée de cette première collaboration et de leur projet mené dans un grand engagement créatif.
Pour le premier spectacle du festival, elles invitent deux artistes pour la création de deux soli : une femme, Sarah Adjou, jeune danseuse, formée auprès de la Veronal et la Batsheva et d’autre part un homme, Abou Lagraa, renommé pour sa carrière de chorégraphe et interprète.
Sarah Adjou présente un solo où son corps devient une surface de projection de différentes représentations du désir qui évoluent tout au long de son exhibition.

Sarah Adjou-ph.Laurent Philippe
Au début, une ample corolle de fleur rouge en guise de costume enveloppe la partie haute de son corps, empêchant l’artiste de dévoiler ses désirs intimes.
Ils restent enfermés sans pouvoir s’exprimer.
Puis, elle se libère et enchaîne une séquence caractérisée par des passages au sol frénétiques où son corps exprime sentiments douloureux, angoissants, troublants. Elle lutte en cherchant des réponses à ses questionnements, se retournant vers elle-même et en libérant ses pulsions qui l’amènent à se pincer, surtout la peau de son visage.
- Sarah Adjou-ph.Laurent Philippe
- Sarah Adjou-ph.Laurent Philippe
Cette traversée d’états de corps se finalise avec une danse libérée et fluide.

ph.Laurent Phlippe
Abou Lagraa offre une performance où son envie de danser se manifeste dans toute sa beauté. L’artiste âgé de cinquante-cinq ans semble ne pas avoir perdu ses capacités et qualités de danseur, porteuses d’une danse énergique et sensuelle au rythme très intense.
- Abou Lagraa-ph.Laurent Philippe
- ph.Laurent Philippe
Il évolue sur la scène avec des mouvements rapides, circulaires, sans s’épargner. Il s’attaque à un mur placé au fond du plateau en symbolisant son désir de ne pas renoncer et de continuer à danser. Son élan captive le public, accompagné par la récréation musicale bien réussie de Grégoire Letouvet de La Jeune Fille et la Mort de Franz Schubert.
Après les deux dates du 8 et 9 avril aux Plateaux Sauvages, les deux soli seront présentés au Théâtre de Suresnes Jean Vilar le 30 mai prochain dans le cadre de la Journée Surprise 2026.
Paris, Les Plateaux Sauvages, 8 avril 2026
Antonella Poli



