Sol Léon/Paul Lightfoot-Crystal Pite

Chorégraphie : Sol Léon/Paul Lightfoot-Crystal Pite

Distribution : Nederlands Dans Theater 1

Musiques : Jean-Sébastien Bach (Safe as Houses); Max Richter (Stop-Motion); Owen Belton interprétée par Jan Schouten (In the Event)

In the Event-ph.Rahi Rezvani

Un vrai régal ce triptyque à l’affiche de Chaillot – Théâtre National de la Danse jusqu’au 30 juin ! Le Nederlands Dans Theater 1, compagnie invitée, présente Safe as Houses et Stop-Motion de Sol Léon et Paul Lightfoot, ainsi que In the Event de Crystal Pite.

Le public est confronté à deux des meilleurs styles chorégraphiques existants aujourd’hui : celui des directeurs artistiques de NDT1, fondé sur la beauté visuelle des images dansées porteuses de valeurs symboliques et celui de la chorégraphe canadienne, choquant par son esthétique puissante et débridée qui rompt radicalement avec tous les canons.

Les deux pièces de Sol Léon et Paul Lightfoot, Safe as Houses et Stop-Motion, au-delà de montrer l’héritage de leur maître Jiří Kylián, dévoilent les signes de leur recherche chorégraphique, enrichissante pour les danseurs de la compagnie. Les mouvements sont moins stylisés, les ports de bras sont plus accentués et deviennent la partie la plus expressive des corps. En allant plus en profondeur, derrière ces deux chorégraphie il y a des histoires humaines et des symboles bien précis.

Pour la première pièce, le seul élément de décor est une grosse planche rectangulaire tournant au milieu de la scène, simulant une circonférence. Au fond, il ne s’agit que de la représentation du  taijitu (yin et yang), avec les danseurs  pour moitié habillés en blanc et pour moitié en noir qui évoquent les deux catégories opposées et complémentaires de l’univers selon la philosophie chinoise. L’écriture chorégraphique très géométrique reflète la structure mathématique et très équilibrée des musiques de Bach en syntonie avec le message de la pièce.

Stop-Motion reste une pièce plus intimiste et spirituelle fondée sur l’idée de déconstruction bien qu’elle délivre à la fin un message d’ouverture et d’espoir. Ces concepts sont renforcés par des vidéos qui accompagnent un parcours de transformation  qui se fait tout en douceur, sur les notes de la musique mélancolique de Max Richter. Le solo du danseur qui lutte contre la poudre est remarquable, symbole d’une matérialité qui n’existe plus.

La chorégraphie de Crystal Pite, In the Event, intercalée entre celles de Sol Léon et Paul Lightfoot, crée une rupture. La force et l’énergie des corps puissants des danseurs sur scène rappellent celles de la foudre, sujet de la toile présente sur le fond de la scène. Une atmosphère sombre accompagne la représentation d’un groupe d’hommes dans un univers troublant.  

Le spectacle est accueilli grâce au soutien de la Fondation BNP Paribas.

 

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