Onéguine

Chorégraphie : John Cranko

Distribution : Marianela Nunez, Roberto Bolle, les premiers danseurs et le Corps de Ballet du Théâtre La Scala de Milan

Musiques : Tchaikovski

Marianela Nunez et Roberto Bolle-ph.Brescia et Amisano

Le Théâtre La Scala de Milan clôt la saison 2016-2017 avec Onéguine, de John Cranko. Il s’agit du chef d’œuvre du chorégraphe sud-africain, renommé pour avoir su créer des ballets ancrés dans les émotions humaines.

Son style est extraordinaire car il combine de manière personnelle sa sensibilité pour les sentiments avec un langage chorégraphique d’une extrême beauté. Chaque passage à son importance et John Cranko confie à tous les personnages un vrai rôle d’interprétation. C’est pour cette raison que le public est toujours attiré par beaucoup d’éléments en regardant ses œuvres. Dans Onéguine, chaque danseur exprime des nuances tout à fait personnelles qui font ressortir ses sentiments.

Ce ballet s’inspire du poème d’Alexandre Pouchkine et il raconte principalement l’histoire de la jeune Tatiana qui d’abord tombe amoureuse du jeune et séduisant Onéguine pour ensuite le rejeter, se souvenant qu’il l’avait éconduite. Olga et Lenski sont les deux autres personnages principaux ; la première est la sœur de Tatiana, le deuxième est son fiancé qui est tué en duel par Onéguine.

En réalité, on pourrait penser que Pouchkine aurait mieux fait d’intituler son poème du nom de Tatiana, car elle est une femme forte, avec les pieds sur terre,  profonde et plus généreuse qu’Onéguine. Elle est accablée et brisée par la vie pétersbourgeoise et elle en souffre. Elle déteste son rang de dame du monde et ne se laisse pas faire. Quand Onéguine voudra la reconquérir, ce sera trop tard car elle est déjà l’épouse du Prince Gremin et lui restera fidèle. Marianela Nunez (Tatiana) met en avant toutes les facettes de son personnage. Elle est la femme amoureuse du premier acte lorsqu’elle écrit sa déclaration d’amour à Onéguine et la dame qui est capable d’abandonner toute sa faiblesse et sa passion ancienne quand elle refuse ses avances. La principale du Royal Ballet est particulièrement remarquable dans le troisième acte : désormais elle n’est plus une jeune fille et elle maîtrise sa vie.

A ses côtés, Roberto Bolle, qui excelle toujours dans l’interprétation de rôles dramatiques liés à des tragédies d’amour. Son histoire représente toute l’immoralité présente dans le monde bourgeois russe. Il est cinique, il joue avec les femmes jusqu’au point de provoquer le duel avec Lenski après avoir séduit Olga (Alessandra Vassallo). Le troisième acte reste pour lui aussi le moment fort du ballet : c’est là qu’il découvre toute son impotence face aux lois de la vie. Ce moment est particulièrement bien rendu sur scène car le contraste entre les personnalités de Tatiana et Onéguine augmente. Il s’agit d’un spectacle qui émeut d’autant plus grâce aux autre interprètes principaux. Le Corps de Ballet suit, créant la juste atmosphère tout au long du spectacle.  

Un autre grand chef d’œuvre ouvrira en décembre la nouvelle saison du Théâtre La Scala, La Dame aux Camélias de John Neumeier. Frédéric Olivieri, directeur confirmé du Ballet de La Scala, fait rêver son public.

Partager
Site internet créé par : Adveris