June Events 2026 : La résistance de Benjamin Khan et l’énergie de Soa Ratsifandrihana

Focu Meu-ph.Patrick Berger
Dans le cadre de June Events 2026, le chorégraphe Benjamin Khan a présenté au Carreau du Temple sa première création collective, Focu meu.
Ce travail est le résultat de ses recherches chorégraphiques abouties dans ses premiers trois solos : Sorry, But I feel sightly Disindentified…, Bless the Sound that Saved a Witch like me, et The Blue Hour.
Le titre qui, traduit du calabrais, signifie Mon feu, fait allusion aux brûlures intérieures et en même temps à la passion et à notre désir qui nous poussent à surmonter les difficultés et à résister.
- ph.Patrick Berger
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Le chorégraphe choisit de représenter l’univers intérieur humain, dont seulement chacun de nous est maître, en développant la pièce sur un plateau obscur où se distinguent à peine les silhouettes des cinq interprètes. L’un d’eux se détache du groupe : il entre dans un état de transe grâce à une répétition effrénée d’une série de pas qui évoquent des pas de bourrés dessus – dessous empruntés à la danse classique, ressemblance encore plus remarquable si l’on note la maîtrise du danseur dans ses ports de bras associé à ce type de pas. Ce passage joue sur la pulsion et l’envie de liberté.
Des moments de tendresse ou de recueillement invitent au calme et à la réflexion avec un sentiment de compréhension de l’autre. Néanmoins, malgré ces rares moments plus apaisés, l’esprit de la pièce reste sur des tons qui expriment rébellion et affirmation de soi, en dégageant le feu qui brule dans chaque individu, interprété avec des nuances propres à chaque danseur.

ph.Patrick Berger
Quelle aurore de Soa Ratsifandrihana
C’est un mariage sans doute vivant celui entre la performance Quelle aurore et la Sainte Chappelle de Paris ! Un des symboles historiques de Paris a accueilli l’énergie et l’humour de Lÿdie La PëstE et Bonnie Banane invitées à se produire dans le cadre de Vivant monument, initiative du Centre des monuments nationaux pour ouvrir les espaces culturels et historiques aux arts vivants.

ph.Patrick Berger
Leurs costumes aux couleurs vives (orange, fuchsia, bleu électrique, rose) semblent faire écho aux teintes intenses bleutées des vitraux gothiques de la Sainte Chapelle.
Leur performance qui dure approximativement trente cinq minutes se révèle une dérision, une moquerie, jamais banale, de notre société sollicitée par les images, par les informations et l’attente de performances. Les deux artistes chantent, dansent et s’amusent, notamment en marchant à différentes vitesses sur deux tapis roulants. Très engagées, elles livrent leur protestation tout en gardant le sourire, la légèreté et leur grande énergie. A la recherche des situations paradoxales, le duo féminin transforme la Sainte Chapelle !
- ph.Patrick Berger
- ph.Patrick Berger
Paris, 3 et 4 juin 2026
Antonella Poli



